A l’origine Ă©tait la suite

bach

La suite de musiques de danses est la lointaine origine de la sonate et donc de la musique classique. L’objectif de cet article est de présenter de manière simple et pédagogique cette origine de la musique instrumentale occidentale. En fin d’article, je passerai aux travaux pratiques avec un album de ma composition dédié tout spécialement au Panda « Sonate Le Panda ».

C’est Jean-Sébastien Bach qui a porté l’art de la suite à son point le plus abouti. Ses suites pour violoncelle ont illustré des films. Haendel aussi composa des suites : sa grande sarabande a servi notamment de bande sonore au film Barry Lindon.

I -De quoi se compose une suite ?

La suite se constituait d’un prélude et d’une alternance de danses populaires lentes ou rapides. Le tout était joué dans la même tonalité (par exemple : en sol majeur).

a ) Le Prélude avait pour but de permettre au joueur de luth de se chauffer et d’accorder son instrument. Cette introduction n’était soumise à aucune règle.

b ) La deuxième pièce, l’ »Allemande » obéit au contraire à des règles de composition très strictes, en particulier au contrepoint (mélodies superposées, comme en polyphonie : exemple le chant en canon de « Frère Jacques » dans « Trois hommes et un couffin »). L’allemande est une danse qui venait d’Allemagne, de coupe binaire au tempo modéré, avec reprises et avec des mesures de 2 ou 4 temps. Il faut s’imaginer des danseurs en couples qui évoluent sur un rythme d’une promenade. L’Allemande est l’ancêtre de la partie Allegro de la sonate.

c ) La Courante vient ensuite (pas obligatoire) : c’est une danse de coupe binaire, avec reprises, à 3 temps. C’est une danse au tempo assez vif très appréciée alors des Français et des Allemands. On la qualifie de danse française. Elle vient contraster avec l’Allemande qui la précède, par sa légèreté.

d ) La Sarabande qui suit est d’origine espagnole et peut-être importée du Nouveau Monde. C’est l’ancêtre du mouvement lent de la sonate. La Grande Sarabande de Haendel, oeuvre sublime, est demeurée célèbre. Elle illustre Barry Lindon, ce chef-d’oeuvre de Kubrick. C’est une danse noble et lente de coupe binaire à 3 temps se terminant généralement sur le 2ème temps. Il faut imaginer des danseurs avançant très lentement : 2 pas et un 3ème pas glissé.

e ) La gigue concluait la suite dans un esprit festif et populaire. La gigue est l’ancêtre du mouvement vif de la sonate. Elle est d’origine anglaise ou irlandaise.

f ) Pièces complémentaires : Entre la sarabande et la gigue pouvaient s’intercaler un menuet, une gavotte (avant d’être la vedette des festoù noz bretons, elle était une dansee médiévale originaire soit de la région des Gaves soit de Gap), une chaconne, ou une passacaille.

II – Les grands compositeurs de suites :

Bach et Haendel, on l’a dit. Mais aussi Couperin, Froberger, Pachelbel (et son célèbre canon), Buxtehude, Telemann, Rameau…

Courte playliste :

Prélude de la suite no1 pour violoncelle de Bach

Allemande de Bach jouée par Glenn Gould.

Allemande de la suite no1 pour violoncelle de Bach

Courante de Bach interprétée par le guitariste classique John William

La célèbre sarabande de Haendel

III -Travaux pratiques et illustration

Je termine mon propos par une composition personnelle de ce mercredi, une sonate en trois mouvements « Le Panda ». Cela pêche un peu par l’interprétation car je souffre d’une névralgie bracchio cervicale qui m’empêche de répéter. Mais qu’on se rassure, ce n’est pas inaudible ! Si un instrumentiste doué pouvait la rejouer et l’arranger un peu, ce serait parfait.

La sonate du Panda

Peut-être que je pourrai reprendre et améliorer les pièces de ma sonate quand le rhumatologue m’aura soigné (Je le paierai en espèces sonates non trébuchantes).

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