Fantaisies, bagatelles et autres formes libres

schubert

Saviez-vous que la Lettre √† Elise (en r√©alit√© “F√ľr Elise”) est une bagatelle ? Et la Truite de Schubert, une variation ? D’autres Ňďuvres tr√®s connues sont des fantaisies, des impromptus ou des improvisations. Toutes ces formes libres de la musique classique s’opposent aux genres formels comme la suite, la sonate, la symphonie et autres genres que nous traiterons dans un article ult√©rieur (sauf la suite d√©j√† trait√©e dans l’article “A l’origine √©tait la suite). Pour le moment, int√©ressons-nous aux formes libres !

La bagatelle

“F√ľr Elise” en la mineur WoO 59 est la bagatelle la plus connue de Beethoven. Mais la WoO 52 en do mineur et la WoO 56 en do majeur ont aussi des Ňďuvres magnifiques.
A écouter :
bagatelle WoO 52 en do mineur (presto)
bagatelle WoO 56 en do majeur (allegreto)
bagatelle en fa majeur opus 33 / III

La bagatelle est une pi√®ce courte sans pr√©tention au ton badin, l√©ger. La fantaisie, elle, n’est pas n√©cessairement l√©g√®re. Mais c’est une musique qui s’√©carte aussi des cadres formels.

La fantaisie

La fantaisie la plus c√©l√®bre est, je crois, cette fantaisie impromptu de Chopin opus 66“Ah ! vous dirai-je maman” de Mozart, que les apprentis pianistes apprennent, est aussi une fantaisie (√©couter) D’autres grands compositeurs ont donn√© dans la fantaisie : Schumann, Liszt, Rachmaninov…La fantaisie, contrairement √† la bagatelle, peut-√™tre parfois longue (chez Schubert, Liszt par exemple). Finissons ce chapitre l√©g√®rement avec Eric Satie et sa fantaisie-valse.

L’impromptu

Il s’agit ici d’une composition musicale proche de l’improvisation et adapt√©e en g√©n√©ral √† un instrument seul. Ici Schubert le prolifique appara√ģt le plus repr√©sentatif. Ses deux s√©ries de 4 impromptus en opus 90 et 142 sont √† √©couter int√©gralement :
√† √©couter cet extrait c√©l√®bre de l’impromptu D.899 opus 90
Exemple d’impromptu de Chopin
Gustav Malher a composé cet impromptu.
Dernier exemple, ce superbe impromptu de Fauré.

La variation

La variation est un proc√©d√© par lequel on modifie le th√®me √† travers une s√©rie de phrases musicales. C’est sans doute la forme la moins libre des genres ici √©voqu√©s parce que, m√™me si le th√®me peut s’av√©rer tr√®s lointain si l’on transforme √† la fois la m√©lodie, le rythme et l’harmonie, c’est quand m√™me le th√®me qui est le cŇďur de l’Ňďuvre.

On ne présente plus les variations Goldberg de Bach.
Ce qu’on sait moins c’est que La Truite de Schubert est un air vari√©. La pi√®ce est en fait la Quintette en la majeur D667 mais elle est connue sous le nom “La Truite” car le quatri√®me mouvement est un th√®me vari√© sur un lied de Schubert, die Forelle (la truite), lui-m√™me inspir√© d’un texte de Schubart. Oui, j’ai bien √©crit Schubart ! Schubart √©tait un po√®te. Cocasse, n’est-ce pas ?

“Ah ! vous dirais-je maman” de Mozart une variation d’une comptine populaire (lire ici l’article de Wikipedia). Mozart a compos√©, par fantaisie, 12 variations sur ce th√®me connu √† son √©poque.

La variation a donné naissance à des formes spécifiques comme la chaconne ou la passacaille. La chaconne est une danse à 3 temps originaire du Mexique. Elle a été employée par Lully et Gluck pour leurs opéras. La passacaille est un genre qui se rapproche de la chaconne.

On peut s’arr√™ter l√†. Je pourrais parler de l’improvisation mais dix pages n’y suffiraient pas…Bonne √©coute !

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