Les chanteurs canadiens (2) : Neil Young

La montĂ©e en notoriĂ©tĂ© de Neil Young s’est faite Ă  l’Ă©poque oĂą Bob Dylan eut recours aux sons de la guitare Ă©lectrique. Les fans de Dylan et les puristes, dĂ©concertĂ©s, se tournèrent vers le chanteur canadien qui, lui, grattait de la guitare et jouait de l’harmonica sur des rythmes folks bien en vogue.

1966 - Le chanteur canadien (nĂ© Ă  Toronto en 1945) connaĂ®t ses premiers succès. Il gagne Los Angeles et retrouve le guitariste Stephen Stills qu’il avait dĂ©jĂ  rencontrĂ© au Canada. Ensemble, ils forment Buffalo Springfield, dont le style balance entre rock psychĂ©dĂ©lique et musique country, et qui devient rapidement l’un des leaders de la scène folk-rock californienne. Neil Young n’est pas venu seul Ă  L.A ; il a apportĂ© sur le porte-bagage son copain bassiste Bruce Palmer.

La formation musicale Young prend un tournant important avec le quatuor fameux “Crosby, Stills, Nash & Young” qui dure de 1969 Ă  1971..

Parrallèlement, Neil Young produit des albums en solo. Le deuxième Ă  son actif est “After the Gold Rush”. Dans cet album, il critique le racisme des blancs du sud, leur violence et leur bĂŞtise.

1972 – Harvest, la moisson de Neil Young. Sur cet album, les ballades sont formatĂ©es pour le succès (durĂ©es courtes des morceaux et grand orchestre – le London symphony orchestra -). Succès immĂ©diat ! Ce sera l’album  le plus vendu de l’annĂ©e 72.

Harvest contient des titres lĂ©gers et des titres sĂ©rieux : Au compte de ces derniers, il y a “The Needle and the Damage Done” qui relate les dĂ©gâts de l’aiguille, et plus particulièrement la descente aux enfers d’amis musiciens que Young dĂ©pendants de l’hĂ©roĂŻne. La chanson est plus spĂ©cialement Ă©crite Ă  la mĂ©moire de Danny Whitten, le guitariste de son groupe intermittent Crazy Horse qui mourut d’une overdose en novembre 1972. Sur la compilation “Decade and Greatest Hits”, le titre est repris avec cette annotation du chanteur :   “I am not a preacher, but drugs killed a lot of great men” (“Je ne suis pas un prĂ©dicateur, mais les mĂ©dicaments ont tuĂ© beaucoup de grands hommes.”). “Alabama” critique Ă  nouveau le racisme et la bĂŞtise des Blancs du Sud. La rĂ©plique viendra de Lynyrd Skynyrd avec son cĂ©lèbre “Sweet Home Alabama”. Mais le gros succès de l’album sera “Heart of Gold. Cette chanson a Ă©tĂ© enregistrĂ©e avec les participations, comme choristes, de James Taylor et de Linda Ronstadt. “Heart of Gold” est le seul numĂ©ro un de Young dans les charts aux Etats-Unis et aussi une de ses chansons les plus connues et les plus renommĂ©es. Le texte n’est pas mĂ©morable et le titre se traduit en français par “cĹ“ur d’or”. Harvest intervient Ă  un moment Ă  la fois difficile et heureux pour Neil qui raconte “Ma colonne vertĂ©brale Ă©tait littĂ©ralement en train de se dĂ©sintĂ©grer. Si bien que j’ai passĂ© des mois au lit avant d’enregistrer ce disque. Je venais de rencontrer une actrice, Carrie Snodgress, avec qui j’ai habitĂ© assez vite. Nous avons eu mon premier enfant“. C’est donc Ă  sa deuxième compagne, l’actrice Carrie Snodgress, que Neil dĂ©die sa chanson “A man needs a maid” (Un homme a besoin d’une jeune fille). Deux titres de l’album ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en Angleterre avec le London Symphony Orchestra. Il s’agit de “A Man needs a maid” et de “Theres a World“. Les puristes ont Ă©tĂ© déçus par cette entorse Ă  l’authenticitĂ© rustique du style de Neil Young. Mais ils purent se dire qu’Ă  quelque chose malheur est bon, puisque l’hernie discale dont souffrait Young empĂŞcha ce dernier de jouer de la guitare Ă©lectrique. Du coup, les morceaux ont Ă©tĂ© jouĂ©s Ă  la guitare sèche, ce qui donne une tonalitĂ© particulièrement paisible Ă  l’album.

1973 - Nouveau succès avec le titre “Tonight’s the Night”. Il laissĂ© tomber les 3 autres mousquetaires.

AnnĂ©es 90 – Après une pĂ©riode d’albums d’intĂ©rĂŞt moindre, Neil Young renoue avec le succès. En 1992, il sort son album “Harvest Moon”.

2010 - C’est l’annĂ©e du retour aux sources, ou du moins au meilleur : Neil Young a ressorti sa mythique guitare de Harvest, de 1972, la vieille Gretsch sterĂ©o. Mais attention, le son de l’instrument n’est plus le mĂŞme qu’en 1972 et si l’album s’appelle “Le Noise”, ce n’est pas pour rien. Le son est fort. Mais c’est aussi un, jeu de mot sur le nom de “Lanois” (Daniel Lanois, le producteur qui produit aussi Bob Dylan et U2).

Le titre “Hitchhiker”(titre autobiographique) remonte Ă  1975. Neil Young s’est contentĂ© d’ajouter un accord Ă  la version d’alors et de modifier la mĂ©lodie. Il y relate notamment la disparition de deux de ses meilleurs amis. On sait que le chanteur a tout au long de sa carrière Ă©tĂ© très marquĂ© par la mort de ses proches, ce qui l’a menĂ© dans Ă©tats sombres qui ont affectĂ© sa musique.

A ceux qui diront que Neil Young n’est plus vraiment canadien, sachez que cet album est l’Ĺ“uvre de musiciens exclusivement canadiens !

Ma discographie idéale personnelle:

“Harvest”

“Neil Young”

“Comes a time”

“Rust never sleeps”

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