Des caprices et des cavatines

korsakov

“Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…” ce vers de Rimbaud (”on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans”) m’a paru convenir au sort de la cavatine, musique très ancienne qui meurt sur les lèvres sans aucune chance d’un rappel puisque la cavatine est sans “da capo” : on ne revient jamais au début pour la rejouer.

Sonnez les cavatines !

La cavatine est donc une musique, une chanson, d’ordinaire assez courte, que l’on ne répète pas et qui se rencontre souvent dans un récitatif obligé (opéra). A l’origine, elle était toujours composée d’une seule partie.

Une des cavatines les plus connues est Casta diva. Elle est extraite de l’opéra Norma créé par Vincenzo Bellini en 1831 à la Scala de Milan. La plus célèbre interprétation est celle de Maria Callas. Ou encore “Salut, demeure chaste et pure” tirée du célèbre Faust de Gounod, “Una voce poco fa” tirée du Barbier de Séville de Rossini…. Une autre cavatine célèbre est tirée des Noces de Figaro de Mozart : c’est l’air du début du quatrième acte « L’ho perduta » (Je l’ai perdue) chanté par Barberine (en italien Barbarina). Elle est reprise dans Les Témoins d’André Téchiné (2007). (source : Wikipédia)

La cavatine est morte aussi avec le “lied” allemand.

Voici des cavatines à écouter. Je n’ai mis ici en lien que les airs instrumentaux.

Cavatine opus 144 de Saint-Saëns Superbe ici avec le piano et le trombone !

Cavatine Di Donna Caritea opus 60

Une cavatine de Debussy

Une jolie cavatine de Carl Reinecke, compositeur allemand de talent éclipsé par ses contemporains illustres, Liszt, Mendelssohn ou Schumann.

Et celle-ci pour conclure.

Les amateurs d’opéras trouveront facilement des cavatines chantées.

Les compositeurs s’offrent des caprices (ou cappricios)

Un capriccio ou caprice est une pièce musicale souvent enjouée et de forme libre. Le capriccio typique est rapide, intense et souvent virtuose.

Johannes Brahms a écrit plusieurs “capricci” pour piano à la fin de sa vie. Ces œuvres marquent la fin de la période romantique.

Ecoutons quelques-unes jouées ici par Hélène Grimaud :

Opus 116 partie une
Opus 116 partie trois
Opus 116 partie sept

On ne peut qu’être frappé par le caractère inhabituel de ces compositions.

Niccolò Paganini a composé ses 24 caprices pour violon seul.
Opus 1 Andante
Le mĂŞme Ă  la guitare
Cappriccio no 4 Ă  la guitare toujours
Cappriccio no 9 encore Ă  la guitare parce que vous le valez bien

Et puisque nous sommes avec la guitare, comment passer à côté de ce chef-d’œuvre de Francisco Tarrega “Cappriccio arabe“.

Un Cappricio qui Malher pas mal.

Nous ne pouvons conclure sans Ă©voquer Bach qui conclut la Partita en C mineur BWV 826 par un caprice.
BWV 992
BWV 993

Son contemporain Haendel HV 467

Le cappriccio en musique baroque est souvent une courte pièce pour clavier (Frescobaldi, Bach).

Dans la grande musique classique, il peut être utilisé pour des œuvres orchestrales :

Tchaikovsky : Cappriccio italien opus 45

Rimsky-Korsakov a composé un “Capriccio italien” et un “Capriccio espagnol” opus 34 (partie I aubade).

Saint-Saëns.

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