Symphonies, concertos, symphonies concertantes

Ne vous laissez pas dĂ©concerter par le risque de confusion de ces trois genres ! On peut aisĂ©ment les diffĂ©rencier. C’est l’objet de cet article que de les dĂ©crire avec leurs particularitĂ©s.

Ces trois genres se distinguent essentiellement par leur origine et leur structure. Mais aussi par les grands noms qui s’y rattachent.

I – Le concerto, une Ĺ“uvre en trois temps d’origine italienne

Le concerto est en trois mouvements (sauf exceptions) : rapide, lent, rapide.

Le concerto, tout comme son nom, est d’origine italienne. Il se dĂ©veloppa dès la pĂ©riode baroque. Le concerto classique est issu du concerto grosso baroque mais avec un contraste accru entre le soliste et l’orchestre.

Quelquefois, les appellations sont trompeuses. Ainsi, alors que le concerto est une pièce musicale pour un ou plusieurs instruments accompagnĂ©s d’un orchestre, certains compositeurs, tel BĂ©la BartĂłk, ont nommĂ© des Ĺ“uvres “concertos pour orchestre”. Ce titre ne doit pas tromper ; il a Ă©tĂ© choisi afin de souligner le traitement virtuose des diffĂ©rents instruments de l’orchestre.

Les inventeurs du concerto sont Antonio Vivaldi bien sûr, mais aussi Arcangelo Corelli, Giuseppe Torelli mais aussi Giuseppe Tartini, Francesco Geminiani, Pietro Antonio Locatelli.

A la suite de tous ces Italiens, Bach composera les “concertos brandebourgeois”, Mozart et Chopin s’illustreront aussi dans le genre.

Pour un plus large descriptif du concerto, lire mon article “Le concerto, dialogue en trois mouvements avec un virtuose“.

II – La symphonie est une Ĺ“uvre en 4 mouvements (au moins) qui nous vient d’Europe centrale (Autriche, Allemagne, Bohème)

La symphonie se distingue du concerto par sa structure en 4 mouvements (au moins) : un mouvement rapide de forme sonate, un mouvement lent, un scherzo (ex-menuet : lire mon article “Comment le menuet est devenu le scherzo“), puis Ă  nouveau un mouvement rapide pour le final. Cependant, la symphonie peut comporter jusqu’Ă  8 mouvements. Contrairement au concerto, on ne peut plus parler de forme fixe pour la symphonie dont les crĂ©ateurs modernes ont fait Ă©clater les structures classiques.

Alors que le concerto est nĂ© Ă  la pĂ©riode baroque, la symphonie proprement dite n’a vu le jour qu’au deuxième tiers du XVIII ème siècle avec Haydn et la pĂ©riode classique.

Le père de la symphonie est Joseph Haydn. C’est lui qui en a fixĂ© les règles. Mais il n’en pas l’unique inventeur. Le genre fut initiĂ© prĂ©cĂ©demment par Mannheim, Stamitz, Sammartini, Wagenseil. Si la symphonie est autrichienne et allemande, elle ne tire pas moins son origine lointaine de la sinfonia italienne qui Ă©tait une ouverture d’opĂ©ra structurĂ©e en 3 mouvements (vif – lent – vif).

C’est Beethoven qui fera de la symphonie une Ĺ“uvre grandiose, magistrale. Haydn en a composĂ© 106 (recensĂ©es Ă  ce jour) contre seulement 9 pour Beethoven, qui sont cependant plus connues. Mozart, Ă  la suite de Haydn, a Ă©galement contribuĂ© au dĂ©veloppement du genre.

III – La symphonie concertante, autre genre autonome

La symphonie concertante est la dernière à voir le jour. Elle apparaît quelques années avant la Révolution française.

NĂ©e au croisement du concerto et de la symphonie, elle ne constitue pas moins un genre bien Ă  part de ces deux autres.

Elle tient de la symphonie parce que les parties du ou des solistes ne sont pas en opposition ou en conflit avec l’orchestre. Mais elle tient aussi du concerto parce qu’elle est Ă©crite pour des solistes qui jouent leur propre partition.

L’ancĂŞtre de la symphonie concertante est le concerto grosso.

Joseph Haydn, auteur de 106 symphonies classiques, n’a composĂ© qu’une seule symphonie concertante : la Symphonie concertante pour violon, violoncelle, hautbois, basson et orchestre en si bĂ©mol majeur (1792), aujourd’hui classĂ©e comme sa Symphonie nÂş 105 (Hob. I:105). Encore cette symphonie tient-elle plus du concerto grosso que de la symphonie concertante de forme mozartienne.

Mozart, influencĂ© par l’Ă©cole de Mannheim et par Johann Christian Bach (le « Bach de Londres »), en crĂ©a trois, la première Ă©tant la plus connue : La Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre en mi bĂ©mol majeur, K. 364 (1779), la seule achevĂ©e et authentifiĂ©e.

Ludwig van Beethoven n’en a composĂ© aucune.

Sur la symphonie concertante, je vous renvoie Ă  l’article très complet de Fergus : “La symphonie concertante : de Stamitz Ă … Sarkozy

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