Le rade des villes et le rade des champs

VoilĂ  un titre curieux ! On pense spontanĂ©ment Ă  Jean De La Fontaine, le Rat des villes et le Rat des champs. Et on a raison. C’est un hommage aussi Ă  la vie dans les bistrots des villes et des campagnes. Que l’on oppose trop souvent à tort. En effet, ne trouve-t-on pas autant de savoureuses brèves de comptoir Ă  la ville et Ă  la campagne ? Jeux de mots aidant, un hommage est aussi rendu Ă  la troupe de Deschamps et Ă  BenoĂ®t Urbain.

Il existe peut-ĂŞtre quelque part, au fond d’un bourg ou d’une cambrousse, un rade qui se nomme “Au pt’it bonheur”, du nom du groupe qui fit son succès avec “J’veux du soleil” et auquel appartenait BenoĂ®t Urbain, comme accordĂ©oniste. Mais, les accordĂ©onistes, en trouve-t-on encore beaucoup aujourd’hui dans les bistrots ? Qu’importe ! Cette chanson rend hommage Ă  tous les bistrots, de tous lieux et de toutes Ă©poques et surtout Ă  toute la faune qui la frĂ©quente.

Le rade des villes et le rade des champs (Ă©couter la chanson ici)

Dans mon rade des villes,
Il y a Benoît Urbain
Ce nom lui va très bien.
Dans mon rade des villes,
On joue des vaudevilles.

Dans mon rade des champs,
C’est la troupe Deschamps
Qui vient à la veillée
Pour nous Ă©merveiller.
Dans mon rade des champs.

Quand mon rade des villes
Par les soirs radieux file,
Il devient un radeau
Cap sur l’Eldorado !

Quand mon rade des champs
Nous récite des chants,
De belle Antiquité,
Je voudrais tout quitter.

Tout quitter pour partir
Loin du rade des champs
Et pour ne plus pâtir
De ce monde méchant.

Tout quitter pour aller
Loin du rade des villes
A Venise ou SĂ©ville
Cela peut bien m’aller.

On pourra voir un lien direct entre cette chanson et la prĂ©cĂ©dente. A trop frĂ©quenter les rades, on peut ĂŞtre Ă©mĂŞchĂ©. Mais c’est surtout aux Ă©mĂŞchĂ©s de l’existence que la chanson s’adresse. A ces ĂŞtres usĂ©s avant l’âge Ă  cause des vicissitudes de leur rude existence. La vie dans la rue, la faim, l’alcool aussi bien sĂ»r. La bougie de leurs vies est Ă©mĂŞchĂ©e, elle ne fait plus qu’une petite flammèche.

Emêchés (écouter la chanson ici)

I

Vous êtes éméché.
La vie n’est plus flammèche.
Vous rallumez la mèche.

Dans la nuit, la bougie
Vient Ă©clairer ton bouge.
Tu sens que le sol bouge.

Ou bien ce sont tes pieds
Qui cherchent Ă  voler.
Qu’est-ce que vous voulez ?

Il faut que l’on soit saoul.
Sous la jupe de la vie,
Pour en voir les dessous.

II

Vous êtes éméchée.
Vous n’êtes plus pimbêche,
Et vous voilà de mèche

Avec, lĂ , la lie
De toute l’Humanité.
On sonne l’halali

De toutes vos vanités !
Car à l’heure des cloches
Vous voilà invitée.

Et vous videz vos poches
A la Cour des miracles
OĂą le vin est oracle.

III

Vous êtes aviné.
Vous l’aurez deviné.
Dans le fond raviné

Du rade, les buveurs d’eau
Ne prennent pas le radeau
De nos Eldorados.

Les peaux-rouges criards
Ne les ont pas pour cible.
Ils ne sont point sensibles
Aux poivrots Ă©grillards.

Ah ! J’oubliais : c’est ma quatrième collaboration avec Sylvain MĂ©rezette alias SYLMER, le 4ème album amateur sur Jamendo. je vous laisse dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir les prĂ©cĂ©dents. Bonne Ă©coute !

Pour accĂ©der Ă  l’ensemble de l’album, cliquez ici !

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