Archive for the ‘La Chanson française’ Category

Les chansons estivales, c’est Vasterival !

Vendredi, août 1st, 2014

Un album tout neuf plein de belles chansons pour passer l’été en musique.

Sylver et Paul Cosquer vous présentent :

http://www.jamendo.com/fr/list/a136888/vasterival

Le rade des villes et le rade des champs

Vendredi, février 24th, 2012

Voilà un titre curieux ! On pense spontanément à Jean De La Fontaine, le Rat des villes et le Rat des champs. Et on a raison. C’est un hommage aussi à la vie dans les bistrots des villes et des campagnes. Que l’on oppose trop souvent à tort. En effet, ne trouve-t-on pas autant de savoureuses brèves de comptoir à la ville et à la campagne ? Jeux de mots aidant, un hommage est aussi rendu à la troupe de Deschamps et à Benoît Urbain.

Il existe peut-être quelque part, au fond d’un bourg ou d’une cambrousse, un rade qui se nomme “Au pt’it bonheur”, du nom du groupe qui fit son succès avec “J’veux du soleil” et auquel appartenait Benoît Urbain, comme accordéoniste. Mais, les accordéonistes, en trouve-t-on encore beaucoup aujourd’hui dans les bistrots ? Qu’importe ! Cette chanson rend hommage à tous les bistrots, de tous lieux et de toutes époques et surtout à toute la faune qui la fréquente.

Le rade des villes et le rade des champs (écouter la chanson ici)

Dans mon rade des villes,
Il y a Benoît Urbain
Ce nom lui va très bien.
Dans mon rade des villes,
On joue des vaudevilles.

Dans mon rade des champs,
C’est la troupe Deschamps
Qui vient à la veillée
Pour nous émerveiller.
Dans mon rade des champs.

Quand mon rade des villes
Par les soirs radieux file,
Il devient un radeau
Cap sur l’Eldorado !

Quand mon rade des champs
Nous récite des chants,
De belle Antiquité,
Je voudrais tout quitter.

Tout quitter pour partir
Loin du rade des champs
Et pour ne plus pâtir
De ce monde méchant.

Tout quitter pour aller
Loin du rade des villes
A Venise ou Séville
Cela peut bien m’aller.

On pourra voir un lien direct entre cette chanson et la précédente. A trop fréquenter les rades, on peut être émêché. Mais c’est surtout aux émêchés de l’existence que la chanson s’adresse. A ces êtres usés avant l’âge à cause des vicissitudes de leur rude existence. La vie dans la rue, la faim, l’alcool aussi bien sûr. La bougie de leurs vies est émêchée, elle ne fait plus qu’une petite flammèche.

Emêchés (écouter la chanson ici)

I

Vous êtes éméché.
La vie n’est plus flammèche.
Vous rallumez la mèche.

Dans la nuit, la bougie
Vient éclairer ton bouge.
Tu sens que le sol bouge.

Ou bien ce sont tes pieds
Qui cherchent à voler.
Qu’est-ce que vous voulez ?

Il faut que l’on soit saoul.
Sous la jupe de la vie,
Pour en voir les dessous.

II

Vous êtes éméchée.
Vous n’êtes plus pimbêche,
Et vous voilà de mèche

Avec, là, la lie
De toute l’Humanité.
On sonne l’halali

De toutes vos vanités !
Car à l’heure des cloches
Vous voilà invitée.

Et vous videz vos poches
A la Cour des miracles
Où le vin est oracle.

III

Vous êtes aviné.
Vous l’aurez deviné.
Dans le fond raviné

Du rade, les buveurs d’eau
Ne prennent pas le radeau
De nos Eldorados.

Les peaux-rouges criards
Ne les ont pas pour cible.
Ils ne sont point sensibles
Aux poivrots égrillards.

Ah ! J’oubliais : c’est ma quatrième collaboration avec Sylvain Mérezette alias SYLMER, le 4ème album amateur sur Jamendo. je vous laisse découvrir ou redécouvrir les précédents. Bonne écoute !

Pour accéder à l’ensemble de l’album, cliquez ici !

4 nouvelles chansons

Vendredi, février 17th, 2012

Cliquez sur la pochette pour les écouter !

La première “Le persifleur” est un double hommage : à Boris Vian et à son Déserteur, et à l’homme qui sourit aux soldats allemands qui vont le fusiller (photo célèbre d’un résistant français).

Le reste est plus léger. :-)

Pour accéder aux paroles des chansons, cliquez sur les titres.

Merci à Sylmer pour ces adaptations de mes textes. C’est une prouesse que de les avoir interprétés tels quels. Bravo !

Je suis accro aux acronymes

Mardi, janvier 24th, 2012

“Accro aux anonymes” est la nouvelle chanson en collaboration SYLMER – Paul Cosquer (alias Voris Bian).

Pour l’écouter, cliquez sur la pochette. Pour accéder aux paroles, cliquez sur le titre del a chanson. Oy yeah !

Joyeux Noël à Babel web !

Vendredi, décembre 23rd, 2011

Six nouvelles chansons pour Noël ! Il y a bien sûr “Babel Web” que l’oreille retient facilement avec son refrain ”Web ! Web Web ! C’est Bab El Oued sur Babel Web. Web ! Web Web ! C’est la Casbah dans ta casbah“. Mes nouvelles chansons sont mises en musique et interprétées par Sylvain Mérezette qui est aussi peintre et illustre les pochettes de ses albums.

Cliquez sur la pochette pour écouter !

Quand j’ai composé cette chanson, je ne savais pas que “Bab el web” était un film. De Merzak Allouache, sorti en 2005, avec Samy Naceri et Faudel. Je n’avais pas non plus découvert babel-web.eu, qui est un portail d’espaces d’échanges en trois langues : espagnol, français et italien. Non, je voulais juste parler du web, cette Tour de Babel où l’on trouve tout.

“Un jour un homme” est tout aussi simple : “un jour, un homme eut une trouvaille. Il appela cela le travail…” Avec “La poupe”, le ton se fait plus coquin j’embarque avec ma poupée à la poupe. Et à la proue…

“Les cathédrales”, ce titre mérite que l’on s’y arrête un moment car il m’a été inspiré par un article publié sur Agoravox qui parlait de cathédrales mal orientées…Mais “J’me fiche des légendes colportées qui disent qu’elles seraient orientées vers la Mecque ou Jérusalem. Les cathédrales, moi je les aime.”

Enfin “Quand je n’ étais qu’ un petit arbre”. Parce que les arbres m’inspirent beaucoup. En poésie surtout.

Je suis un arbre fou, pris en flagrant délit de déracinement. De désirs de ramures. Pris sur le faîte. Mes cimes sont gagnées d’un bouillonnement de sèves. De sèves animales de roses. J’étais un être nouveau encore ligoté de l’intérieur dans le chuchotement ininterrompu des arbres. Mes mots ont pris pour guide ce chuchotement. Grands arbres de paroles contre machines de mensonges. Ils te parlent un langage non étiqueté.

C’est un jour de soleil et d’édification. Voici l’arbre en fruits et l’homme en pensées. Qui recueille la pluie et se tient sans rien dire. La nuit est remuée par sa beauté. Elle fait un bruit de hautes graines. L’arbre se construit de la matière tremblante de l’éternité. S’édifiant et ramifiant rapidement, les arbres plus noirs que la veille, ont la parure du silence.

Entre les herbes mêmes s’insinue quelque chose comme un murmure. Sous le soleil antique de l’humanité, l’été s’étale lourdement. Il y a moisson d’arbres. La table des lueurs bourgeonne de regards. Je suis là, j’essaie de recueillir l’Imprenable. L’imprenable est le but de tout travail poétique.

Tous les chemins me mènent à l’arbre. J’ai donc composé cette chanson où je m’identifie à un arbre du temps du Vieux chêne qui présidait alors aux destinées de notre pays. Qui n’est pas un arbuste mais un chêne robuste. Plus solide qu’un arbre, plus qu’une statue de marbre…

Quand je n’étais qu’un petit arbre

I

J’étais encore un petit arbre.
Qu’on voulait m’enseigner Racine.

Et plein d’idées dans le marbre
Pour emprisonner mes racines.

C’était au temps du Vieux Chêne.
La télé n’avait que deux chaînes.

II

Je n’étais qu’un petit arbuste
Je devais étudier Rameau.

Et incliner devant son buste
Mes encore jeunes rameaux.

Avant « sous les pavés, la plage »,
Il fallait gagner une image.

III

Je n’étais qu’un petit arbrisseau
Qu’on s’emparait déjà de mes branches.

Pour pas traîner dans le ruisseau,
Je devais étudier Malebranche.

C’était au temps du carré blanc,
De la télé noir et blanc.

IV

Aujourd’hui que je suis un vieil arbre,
J’ ai retenu surtout Dutronc,

Et avant que ma mémoire se délabre,
Je chantonne sur tous les tons

Les chansons de Leforestier
Avant l’oeuvre du forestier…

Bon Nöel à tous et à toutes !

La Grèce livrée aux cyniques (et chanson)

Jeudi, octobre 13th, 2011

Laissez tomber la philosophie, potassez donc l’économie ! C’est le conseil que donne Stéphane Bersier au peuple grec. Sauf que ce conseil avisé n’est pas à prendre complètement au pied de la lettre. Le titre en effet, « la leçon de Diogène »incite à la réflexion sur le double sens du mot cynique – sens philosophique et sens moderne du terme -. Diogène était un philosophe très dérangeant. Sur lui fourmillent les anecdotes les plus incroyables.

Diogène de Sinope, en effet, est un philosophe de l’école cynique, c’est ainsi qu’il faut entendre le message. Le cynisme, faut-il le rappeler, se distingue du sarcasme, qui est une moquerie ironique et abaissante, faite dans un contexte de provocation belliqueuse. Le cynisme relève plus d’une bravade contre les valeurs, les convenances et les principes de la société.

Stéphane Bersier annonce la couleur : le cynisme : « S‘il eut fallu que je fusse tel Diogène en son fût…Que je fisse du raffut en la grand-place d’Athènes. J’leur aurais dit à ces hélènes : « tout est foutu ! Oubliez-donc la morale ! Nom de nom ! L’Homme est un loup pour l’Homme ! Balancez-donc la philosophie ! Potassez-donc l’économie ! » Mine de rien la question se pose là. Notre société doit-elle renoncer à ses valeurs anciennes et ne se tourner que vers le monde de l’économie. Le matérialisme doit-il devenir notre unique raison de vivre ?

L’auteur apostrophe la population comme Diogène le faisait souvent. La plus célèbre anecdote à ce titre étant peut-être celle de Diogène arpentant la ville avec à la main une lanterne et scandant à la population : « Je cherche un homme ! ». Ne vous méprenez pas, il ne clamait pas son homosexualité mais sa quête de l’Homme vrai : Socrate ou l’idéal humain… Mais paradoxalement – ou pas ? – il se présentait comme un chien et vivait comme un chien, et comme disciple non désiré d’Antisthène. Rappelons qu’Anthistène, après la mort de Socrate, devint le lointain fondateur de l’école cynique vers 390 av. J.-C.

Le constat de l’auteur est amer : « C’est la chanson cruelle et cynique d’une bien triste époque qui ne pense qu’au fric, c’est la chanson sans imagination d’une bien triste époque accro’ au pognon. » La chanson s’annonce comme étant cynique et l’est effectivement (Oubliez-donc la morale !), la suite le prouve sans l’ombre d’un doute qui se moque des conventions sociales hypocrites.

Stéphane Bersier se pose en cynique plus qu’en platonicien, imitant Diogène lui-même qui, avec ses ses disciples, pratiquaient une philosophie concrète, inconciliable avec l’idéalisme platonicien, jugé vain, inutile, bien éloigné de la Vérité matérielle du monde pour être pris au sérieux. Anecdote piquante : Platon ayant défini l’homme comme un « bipède sans plumes », Diogène visita un jour l’un des banquets du Sage en tenant au bout d’une laisse… un coq plumé ! « Voici l’homme de Platon », déclara-t-il à l’assistance.

Les philosophes de l’école cynique rejettent les grands discours, préférant s’en tenir à l’efficacité du quotidien, la preuve par le fait et non par la parole. Et donc ici dans la chanson, l’économie. Aux grandes démonstrations et paroles moralisantes, le cynique préfère les maximes sibyllines et ironiques. Comme le dit notre contemporain des Grosses Têtes, Philippe Bouvard, « le cynisme est le comble de la franchise dans une société d’hypocrites« .

Pour Oscar Wilde il « consiste à voir les choses telles qu’elles sont et non telles qu’elles devraient être. » Ou encore « Le cynisme, c’est connaître le prix de tout, et la valeur de rien ! » Quant à Anton Tchekhov, il déclare dans « Calepin » : « Tout a été dit et fait, et aucune littérature ne peut dépasser le cynisme de la réalité. On ne soûle pas avec un verre celui qui a déjà bu une barrique. »

La barrique sera la transition pour conclure avec notre ami Diogène le Chien, cette bourrique dans une barrique ! Mais vous verrez que cette histoire de barrique est d’actualité puisque nous avons parfois l’impression que la dette sans fond de la Grèce s’apparente aux tonneaux des Danaïdes…

Ecoutons à présent la chanson de Stéphane Bersier « La leçon de Diogène ».

La légende vraie de Marion du Faouët

Mercredi, septembre 28th, 2011

Marion du Faouët, la “Robin des bois” bretonne, est une des rares femmes chef de bande dont l’Histoire a retenu le nom. Elle dépouillait ses victimes sans verser le sang et elle ne prenait pas la bourse des pauvres. Elle eut jusqu’à 80 hommes sous ses ordres. Arrêtée plusieurs fois, elle s’évada ou obtint sa libération grâce à des protections. Un jour, elle est reconnue dans une rue de Nantes et jugée à Quimper. Bien que soumise à la torture judiciaire, elle n’avoua rien et fut condamnée à être pendue en 1755.

L’histoire réelle de Marion du Faouët fascine encore aujourd’hui les esprits. Elle a fait l’objet de récits romanesques. Elle a été adaptée à la télévision en 1996 par Michel Favart (avec en distribution Laurent Mallet, Carole Richert, Bruno Todeschini).

De son vrai nom, Marie-Louise Tromel, Marion naquit le 6 mai 1717 dans le petit hameau misérable de Porz-en-Haie, près du Faouët. (Morbihan). Elle est poussée à mendier, chose courante dans la Bretagne du XVIIIe siècle. Elle accompagne sa mère dans les pardons pour y vendre de la mercerie, des lacets, de la tresse et des cribles à tamiser le grain. Elle est aussi chapardeuse. Jeune fille, elle montrera des attitudes de plus en plus audacieuses et effrontées.

Elle débute sa carrière de voleuse de grand chemin à 23 ans. L’arme préférée de Marion, c’est le bâton. Elle en joue avec dextérité. La bande écume la Cornouaille bretonne (région de Quimper) et s’attaque essentiellement aux étrangers à la région, ainsi qu’aux marchands revenant des foires ou des pardons. Un jour, un jeune homme, Henry Pezron, dit Hanvigen, surprend Marion prenant un bain dans l’étang du Priziac. C’est le coup de foudre. Les jeunes gens se marient sur place. Marion est une voleuse mais elle a du cœur : pendant la grande famine de 1740 à 1741, qui frappe les campagnes de Bretagne. Elle cède une partie de son butin aux plus démunis.

Sa bande est arrêtée le 20 janvier 1747 et condamnée à la pendaison. Elle perd l’homme de sa vie à 30 ans. Quant à elle, elle est bannie de la région, fouettée nue, et marquée au fer rouge, sur l’épaule, de la lettre V (désignation de voleur). Alors qu’elle cherchait refuge à Nantes, Marion est reconnue de quelqu’un de Gourin. Le 2 août 1755, âgée de 38 ans elle est soumise à des questions concernant ses complices, les jambes nues posées sur un brasier, elle ne donnera jamais leurs noms. Elle fut pendue sur la place Saint-Corentin de Quimper. La foule s’amasse autour de l’échafaud au moment où Marion du Faouët entre dans la légende au même titre que d’autres grands bandits de grand chemin, tels Mandrin ou Cartouche qui ont volé pour survivre et pour défier l’autorité.

ECOUTER LA CHANSON “MARION DU FAOUET” sur Jamendo (ou cliquez sur la vignette de l’album à droite)

Hommage à Cora Vaucaire

Vendredi, septembre 23rd, 2011

Cora Vaucaire était chanteuse et veuve de Michel Vaucaire, célèbre parolier. Le nom de Cora Vaucaire évoque spontanément “Les Feuilles mortes” et la “Complainte de la Butte” du film “French cancan” de Renoir. Elle a disparu à l’âge de 93 ans le 17 septembre 2011.

Silhouette menue mais voix forte et claire et d’une diction parfaite. Elle défendait ce qu’elle appelait, “l’esprit français des textes qui expriment souvent la joie de vivre et toujours des sentiments forts“. L’une des plus grandes interprètes du patrimoine musical français du XXe siècle.

Cora Vaucaire, « La Dame Blanche de Saint-Germain-des-Prés »,

Elle fut nommée ainsi par « opposition » à la dame en noir (Juliette Gréco). Fille d’un officier de marine breton, elle était née Geneviève Collin à Marseille.

C’est Cora Vaucaire qui rendit populaire « Les Feuilles mortes » de Prévert. C’est elle qui révéla Barbara au grand public, et l’incita à dépasser sa timidité.

C’est elle qui chante « La Complainte de la butte » dans le film « French Cancan » de Jean Renoir en 1955. Mais ce n’est pas elle que l’on voit à l’écran, c’est une actrice. Comme elle traversait une période difficile et qu’elle fut avertie au dernier moment, il lui fallut rassembler ses forces en quelques heures pour chanter cette fameuse complainte alors que le film était déjà « bouclé » avec une autre interprète. Il faut savoir que la chanson était refusée d’abord par le producteur qui exigeait de la « grande musique ». Ce n’est que sur forte insistance de Jean Renoir – qui en avait écrit les paroles – qu’elle fut finalement retenue (source : témoignage de la veuve de Georges Van Parys, compositeur de cette chanson).

C’est elle qui interprète « Trois Petites Notes de musique » dans le film « Une aussi longue absence » d’Henri Colpi sur un scénario de Gérard Jarlot et Marguerite Duras.

Elle fut une interprète d’importance majeure de Prévert, Aragon, Apollinaire.

- « Le Pont Mirabeau » (poème de Guillaume Apollinaire, musique de Léo Ferré)

- « Maintenant que la jeunesse » (poème de Louis Aragon, musique de Lino Léonardi)

- « L’Écharpe » (paroles et musique de Maurice Fanon)

Cora Vaucaire avait épousé le parolier Michel Vaucaire (1904-1980) qui collabora fidèlement avec le compositeur Charles Dumont à qui il fit toujours confiance pour mettre en musique ses textes. Ils sont notamment les auteurs du fameux « Non, je ne regrette rien », popularisé par Édith Piaf.

Vers la fin de sa carrière, la chanteuse multiplie les tournées à l’étranger, devenant célèbre au Japon, et la première chanteuse française à se produire en Albanie dans les années 80.

Mes souvenirs et Vaucaire

I

Mes feuilles sont mortes
Et je n’entends plus
L’air des “Feuilles mortes”.
J’n'entends plus non plus

La “Complainte de la butte”
Du film de Renoir.
Mon cerveau est en butte
Aux pertes de mémoire…

Il y a bien longtemps
Ces choses évoquèrent
Des refrains d’antan
De Cora Vaucaire.

Refrain :

Il y avait encore à donner,
Encore à rêver,
Chez la Dame blanche.
Pour tous nos dimanches.

Il y avait encore à donner,
Encore à rêver,
Encore à chanter
Chez Cora Vaucaire.

II

Il y avait le souvenir des boches.
La chanson Rive gauche
Etait en ébauche
Moi, mains dans les poches.

Une dame en noir
Une dame en blanc
Mais dans ma mémoire
C’est rempli de blancs.

Un petit moineau
Aidé par un piaf
Se faisait entendre.
Et des chansons tendres.

( Refrain )

III

Maintenant qu’elle est morte,
On oublie Cora.
Ma mémoire est morte
C’est peut-être elle qu’aura

Effacé Cora, passé au rabot
Le Pont Mirabeau.
Carrière sans accroc,
Trois fois Charles Cros.

Si je suis amer
Que j’oublie Cora,
C’est encore à
Cause d’Alzheimer.

( Refrain )

21 septembre 2011

Les paroliers de la chanson française (NO 4 et fin)

Samedi, septembre 17th, 2011

Comme il fallait bien une fin à cette série sur les grands paroliers de la chanson française, nous allons clore avec un mélange de tubes de variétés et de chansons dites d’auteur, voire de poètes. Toutes époques confondues.

Pierre Grosz

Né en 1944 à Beauvais, Pierre Grosz a notamment écrit avec et pour Michel Jonasz, Michel Polnareff, Jean Ferrat, Diane Dufresne, Gilbert Bécaud, Nicole Rieu, Nicole Croisille (« Emma », « La Garonne », etc.), Isabelle Aubret, Hugues Aufray et quelques autres grands artistes de l’époque. Il a beaucoup écrit pour Michel Jonasz : « La rencontre » (1973), « Les vacances au bord de la mer », « Lac Balaton« , « Changez tout« , « L’homme orange« , « Chanson pour tes yeux lilas » et « Du miel et des violettes » (1974), « Je voulais te dire que je t’attends » (1982). Pierre Grosz a écrit le livret de l’opéra « Sans famille » qui raconte l’initiation à la vie d’un enfant trouvé, Rémi, que ses parents adoptifs, sont obligés de confier à un ancien chanteur d’opéra, Vitalis, devenu saltimbanque et montreur d’animaux (librement adapté du roman d’Hector Malot).

Michel Jourdan

Né en 1934, il connut son premier succès en 1963 avec « Les vendanges de l’amour » interprété par Marie Laforêt pour qui il écrira aussi « ll a neigé sur Yesterday« . Ensuire, il composa de nombreux tubes de variétés comme « Lady lay » (Pierre Groscolas), « Mon coeur te dit je t’aime » (Frédéric François), « Sur ton visage une larme » (Bobby Solo). Pour Mike Brant : « Qui saura », « C’est comme ça que je t’aime », « Rien qu’une larme », « Dis-lui ». Pour Julio Iglesias : « Vous les femmes », « Viens m’embrasser », « Il faut toujours un perdant ».
Vivo per lei (Je vis pour elle), interprété par Hélène Ségara et Andrea Bocelli. « Le temps qu’il nous reste » (Nana Mouskouri).

Jean-Max Rivière

Né en 1937 , Jean-Max Rivière a écrit pour Juliette Gréco : « Un petit poisson, un petit oiseau » sur une musique de Gérard Bourgeois (1966). Pour Serge Reggiani : « Il suffirait de presque rien » sur une musique de Gérard Bourgeois aussi (1968).

Vline Buggy

Evelyne KONYN(« Vline ») et Liliane KONYN(« Buggy ») Koger sont des parolières françaises nées en 1929 et en 1926.

Elles découvrent un compositeur du nom de…Julien Lepers ! Et ainsi écriront un tube pour Herbert Léonard : l’emblématique « Pour le plaisir » (1981). « Flagrant délit », composé aussi par Julien Lepers, devint numéro un au Québec, bien qu’assez banal. Elles écrivent aussi pour Léonard »Ça donne envie d’aimer » (1982). Pour Michel Sardou : « Les Bals populaires » (1970), « Et mourir de plaisir » (1970), le consternant « J’habite en France » (1970). Pour Michel Fugain : « On laisse tous un jour« . Pour Frank Alamo : « Ma biche » (1964). Les meilleurs textes, selon moi, sont écrits pour Hugues Aufray : « Adieu monsieur le professeur » (1968), « Céline » (1966). Cette dernière chanson, superbe, fut refusée par Claude François et par Richard Anthony. « Hasta Luego » (1973 : coécrit avec Claude Morgan), « Le petit âne gris » (1968).  Et aussi un Grand Prix du Concours Eurovision de la chanson 1973 pour le Luxembourg avec « Tu te reconnaîtras » qui ne mérite pas le détour.

Jacques Lanzmann

(1927  – 2006) rencontre Jacques Dutronc en 1965 . De leur amitié, va naître une fructueuse collaboration de près de dix ans, Jacques Dutronc adaptant ses musiques aux textes pleins de verve de Lanzmann : « Il est cinq heures Paris s’éveille » (1967), co-signé par l’épouse de Jacques Lanzmann : Anne Segalen, qui travailla souvent avec eux. Les Plays-Boys, Les Cactus, J’aime les filles . »Le petit jardin » (1972). En 2000, Lanzmann et Dutronc se retrouvent une dernière fois pour l’album Madame l’existence.

Bernard Dimey

Bernard Dimey est ’auteur de la célèbre chanson »Syracuse ». Il a aussi écrit pour d’autres grands noms de la chanson. « Mon truc en plume » pour Zizi Jeanmaire. « Si tu me payes un verre« , « Les seigneurs » pour Serge Reggiani. « Fredo« , « Le quartier des Halles » pour Les Frères Jacques. Pour Mouloudji : « Un soir au Gerpil« . Pour Catherine Sauvage : « J’ai tout vu« . Et d’autres encore pour Yves Montand, Charles Aznavour, Patachou, Juliette Gréco, Jean-Claude Pascal. Et, on l’a dit, pour Salvador : Syracuse, et d’autres comme « La crucifixion« . Ou encore ici Michel Simon chante « Mémère« .

(Lire mon article sur Bernard Dimey)

Didier Barbelivien,

Né en 1954 à Paris,  Didier Barbelivien a écrit pour  Lenorman : « Michèle, pour  » Patricia Kaas : « Mademoiselle chante le blues », « Mon mec à moi », « Les hommes qui passent », « D’Allemagne », « Entrer dans la lumière », pour Johnny : « Elle m’oublie ».  « Léo » est une chanson en hommage à Léo Ferré interprétée par Nicole Croisille…

Jean Dréjac,

(1921 – 2003), est l’auteur de « Ah ! Le petit vin blanc » (1943), de « Le P’tit bal du samedi soir » (1946), de « Maman vous êtes la plus belle » et de « La Chansonnette », un grand succès dYves Montand. Mais aussi de « L’Homme à la moto », bien qu’il sagit là d’une traduction presque littérale du texte américain du groupe The Cheers. Site officiel de Jean Dréjac

Louis Amade

Louis Amade était poète mais il a écrit aussi de nombreux textes de chansons dont les plus célèbres sont interprétées par Gilbert Bécaud : « Les Marchés de Provence » (1957), « T’es venu de loin » (1964), « Les amoureux du monde » (1965),  » Quand il est mort le poète » (1965), « L’Important c’est la rose » (1967), « Les Cloches » (1967). Liste complète des chansons.

Pierre Barouh

Il est de coutume de citer le cas particulier de Pierre Barouh. Auteur-compositeur-interprète né en 1934, il joua dans le film « Un homme et une femme » de Claude Lelouch dont il fut aussi  l’auteur-interprète de la musique du film. Co- auteur (avec Vinicius de Moraes) de l’inoubliable « Samba Saravah« . Il fonda son propre label : Saravah qui fera découvrir Jacques Higelin, Brigitte Fontaine et la Bossa Nova en France.

Sans oublier Michel Emer qui a écrit “l’accordéoniste”, grand succès de Piaf : lien vers le site de Michel Emer qui

Les paroliers de la chanson française (No 3)

Dimanche, septembre 11th, 2011

Jean-Michel Rivat & Franck Thomas

- Jean-Michel Rivat est né à Vesoul en 1939, il est est parolier et chanteur. Il travaille d’abord en duo avec Frank Thomas, un autre parolier.

Le duo d’auteurs Rivat – Thomas : Jean-Michel Rivat découvre Félix Leclerc à la radio, ce qui lui inspire sa première chanson. Puis il rencontre Joe Dassin. Le fils du metteur en scène Jules Dassin débute alors dans la chanson. Pour le nouveau venu, Jean-Michel adapte des classiques du folk américain, ce qui donnera par exemple « Je change un peu de vent ». En 1967, Frank Thomas le rejoint pour écrire pour Dassin : « Bip bip », « Les Dalton », « La bande à Bonnot », « Siffler sur la colline », « Marie-Jeanne » (vidéo), « Comment te dire », chansons qui deviennent les premiers succès de leur interprète.

La carrière solo de Rivat : Une fois seul, l’interprète fétiche de l’auteur sera Michel Delpech. Leur collaboration débute en 1972 avec « Rimbaud chanterait ». Plusieurs grands succès de la chanson française naîtront de cette collaboration, dont « Les divorcés » (vidéo) en 1973, « Ce fou de Nicolas » (1974), « Ce lundi-là », « Tu me fais planer » (1975), « Quand j’étais chanteur » (1975), « Le Loir-et-cher » (1977) et « Le chasseur » (1974). Malheureusement pour l’auteur, Michel Delpech connaît une multitude de problèmes personnels qui le poussent à abandonner provisoirement sa carrière. Dans les années quatre-vingts, Jean-Michel Rivat devient producteur pour Désireless. Il lui écrit au passage « Voyage voyage » (1986), un véritable succès international. Après cela, l’auteur-producteur se tourne vers la dance music. Il aura écrit aussi pour Claude François : « Ya le printemps qui chante », « Le Lundi au soleil », etc.

- Franck Thomas est né en 1936 à Montpellier, il est parolier et producteur de musique. Il a écrit pour de très nombreux artistes connus mais beaucoup en coécriture avec Jean-Michel Rivat.

Seul, il a écrit »Louise » (1982). Son interprète, Gérard Berliner est mort en octobre 2010. Cette chanson est non seulement très belle, elle est intéressante à divers titres : elle évoque des sujets difficiles comme l’avortement (9ème couplet), l’accès à l’instruction, la pression morale et religieuse, la folie de la guerre des tranchées.  Regarder la vidéo sur Dailymotion

Mais également, pour Gilles Dreu « Théodorakis », « Je marcherai jusqu’au vieux chêne« , « L’homme qui vola les étoiles ». Pour Claude François « 17 ans » (1975). Pour Michel Jonasz : « Dites-moi » (1974).

Dabadie, paroliers de père en fils

Jean-Loup Dabadie est le fils de Marcel Dabadie, qui fut lui aussi parolier : il écrivit pour Maurice Chevalier, Julien Clerc, Les Frères Jacques.

Jean-Loup Dabadie est avant tout un homme de lettres français. Il est aussi journaliste. Mais c’est en sa qualité d’auteur de chansons que nous nous  intéresserons à lui ici.

Sa première approche de la chanson, il la doit à Serge Reggiani qui, après avoir lu une de ses pièces, décroche son téléphone pour lui demander quelques textes . Sa première réponse sera : «je n’ai jamais fait de chansons et je ne sais pas en faire». Finalement, Serge Reggiani finira par le persuader. «Le Petit Garçon» sera un des plus gros succès du chanteur pour qui il écrira aussi, entre autres, «Et puis» (vidéo INA) en 1968, ou «L’Italien» (vidéo) en 1971.

Jean-Loup Dabadie sera pour beaucoup dans le succès de l’album «Jaloux» de Julien Clerc qui inclut «Ma Préférence». Cette chanson est dédié à l’amour passé et présent de Julien Clerc pour sa préférence, Miou-Miou.

Quelques-une de ses autres oeuvres :

- Pour Jean Gabin : « Maintenant, je sais » (1974).
- Pour Michel Polnareff « Tous les bateaux, tous les oiseaux », « Dans la maison vide » (1969), « Holidays » (1972), « On ira tous au Paradis » (1972), « Je cherche un job » (1972), « Lettre à France » (1977)…
- «L’Assassin Assassiné» (vidéo : chanson et interview), en 1979, est un plaidoyer contre la peine de mort.

Pierre Delanoë

(1918  – 2006).

Parmi ses premiers interprètes figure Marie Bizet, une fantaisiste. C’est chez elle que Pierre Delanoë fait la connaissance de François Silly, qui deviendra bientôt Gilbert Bécaud. Les succès viendront : « Et maintenant » (1961), « Je reviens te chercher » (1967), « La solitude ça n’existe pas » (1970), etc.

La chanson « Salut les copains » enregistrée en 1957 par Gilbert Bécaud deviendra le titre de l’émission radio puis du magazine éponyme symboles de la période « Yé-Yé ». En 1958, La France remporte pour la première fois l’Eurovision grâce à la chanson « Dors mon amour » (vidéo : c’est vraiment de la variété !) interprétée par André Claveau et écrite par Pierre Delanoë.

Puis Pierre Delanoë traduit et adapte les chansons de Bob Dylan pour Hugues Aufray et l’album « Aufray chante Dylan » sorti en 1965 a créé l’événement. En 1967, Michel Fugain, qui a débuté quelques années auparavant, enregistre « Je n’aurai pas le temps » qui sera un énorme succès. Avec « Le Bal des Laze » écrite pour Michel Polnareff, Pierre Delanoë montre en 1969 son extraordinaire capacité à écrire pour la voix et l’univers d’un artiste. Cette même année, il signe trois classiques de Joe Dassin avec « Le petit pain au chocolat », « Les Champs-Élysées », « Le chemin de papa ». Il réécrit «Africa» de Toto Cutugno pour créer « L’été indien » en 1975. « La ballade des gens heureux » est devenue la chanson la plus célèbre de Gérard Lenorman, suivie de « Le gentil dauphin triste » (1976), « Voici les clés » (1976), « L’enfant des cathédrales » (1977) et « Si j’étais président » (1980).

Pierre Delanoë a signé les textes de plus de 5 000 chansons en tenant compte de la voix et de la tessiture de ses interprètes.

Pour Bécaud : Nathalie, Et maintenant, L’Orange, La Solitude,
Hugues Aufray (Le Rossignol anglais, L’Épervier, Les Crayons de couleur, Stewball), Michel Fugain (Je n’aurai pas le temps, Une belle histoire…),
Nicoletta (Il est mort le soleil),
Gérard Lenorman (Quelque chose et moi, La Ballade des gens heureux, Si j’étais président…),
Joe Dassin (L’Été indien, Champs-Elysées, Et si tu n’existais pas, Le Chemin de papa…),
Michel Sardou (Les Vieux Mariés, Le France, Les Lacs du Connemara…),
Mireille Mathieu (Qu’elle est belle, La Demoiselle d’Orléans, De Gaulle…),