Archive for the ‘Pop-Rock’ Category

Le rock and roll des Sixties

Mercredi, novembre 3rd, 2010

Si l’ébullition des annĂ©es 60 a conduit aux mouvements populaires de la jeunesse, et Ă  Mai-68 en France, elle fut aussi propice Ă  des rĂ©volutions musicales, tant par les thĂšmes abordĂ©s dans les chansons (sexe, drogue, politique, guerre…) que par l’exploration de nouveaux sons, rythmes, harmonies. Cet article constitue la deuxiĂšme partie de l’histoire du rock’n’roll.


La dĂ©cennie s’annonçait sans grande surprise aprĂšs la mort annoncĂ©e du rock’n’roll en 1959 et une dĂ©saffection montante de la bonne sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine pour cette forme de musique considĂ©rĂ©e comme l’expression du mal. Les charts faisaient dĂ©sormais la part belle aux survivants de la premiĂšre dĂ©cennie de rock’n’roll. Exit les Eddy Cochran, Buddy Holly et Richie Valens, morts prĂ©maturĂ©ment et place au King “instituĂ©” roi du genre pour une diffusion commerciale et formatĂ©e aux bons soins du colonel Parker. Le goĂ»t populaire dominant allait par ailleurs se tourner vers les mĂ©lodies sages voire miĂšvres.

Mais cet assagissement n’était qu’en surface. Car sous l’onde tranquille se prĂ©parait une rĂ©volution musicale qui allait dĂ©ferler sur ces annĂ©es-lĂ  et s’inscrire en profondeur. Ce qui allait rendre possible tout cela, c’est la naissance des groupes (Cliff Richard et les Shadows en pionniers), les festivals (Monterey en 1967, Woodstock en1969, Ăźle de Wight en 68, 69, 70), et la vigueur du rock en Grande-Bretagne, vĂ©ritable vivier qui allait ressusciter le rock devenu moribond. Trois groupes s’inscrirent pour un succĂšs mondial et durable : les Rolling Stones (1960) et les Beatles (1959) et peu aprĂšs les Who (1964). Nous parlerons peu des deux premiers car l’article apporterait peu de choses que le lecteur ne sache dĂ©jĂ . Il sera abondamment question en revanche de tous ces noms du rock et de la pop qui ont marquĂ© les Sixties et dont beaucoup ont sombrĂ© dans l’oubli. Certains titres gagnent Ă  ĂȘtre Ă©coutĂ©s pour leur fraĂźcheur crĂ©ative, leur spontanĂ©itĂ©, leur naĂŻvetĂ© d’alors. MĂȘme s’ils ne sont pas tous des chefs-d’Ɠuvre, ils sont tĂ©moins de leur Ă©poque et dĂ©gagent un charme nostalgique. D’autres sont devenus des classiques et passent encore Ă  la radio, d’autres encore sont remarquables pour leur originalitĂ© ou ce qu’ils annoncent. Ici, pas de hiĂ©rarchie selon des critĂšres de qualitĂ© ou de modernitĂ© (le pire a toutefois Ă©tĂ© Ă©carté !), mais un survol en musique d’une Ă©poque riche en rebondissements et en explorations diverses.

On voit bien que la musique pop et rock britannique a dominĂ© cette pĂ©riode. Les artistes et groupes suivants sont britanniques : The Beatles, Cliff Richard & The Shadows, The Rolling Stones, The Animals, The Who, The Kinks, David Bowie, Moody Blues, The Yardbirds, The Pink Floyd, Ten years after, The Yardbirds, “John Mayall & the Bluesbreakers”, Cream, Soft Machine, Rod Stewart, Fleetwood Mac, Procol Harum, Genesis, Deep Purple, Led Zeppelin, Yes, Joe Cocker, King Crimson, T.Rex. Voici leurs principaux titres par annĂ©es :

1 – 1959 – 1962 : dans la continuitĂ© des Fifties :

Pas de bouleversement dans le style musical. Les charts anglais sont largement dominĂ©s par Elvis Presley, Cliff Richard and the Shadows. Mais des petits nouveaux se partagent les autres places : Del Shannon Runnaway (qui sera repris par Dave), The Tornados Telstar. The Animals (Eric Burdon) compose dĂ©jĂ  des titres cĂ©lĂšbres (The House of the Rising Sun sortira en 1964 et sera repris par Johnny sous le titre Le PĂ©nitencier). En 1965, We Gotta get out of this Place (l’une des premiĂšres chansons Ă©cologiques). Mais aussi Don’ let me be Misunderstood, Hallelujah I Love you so. Ike & Tina Turner (1959, US). Chubby Checker Let’s Twist Again. Un groupe se dĂ©marque par son style innovant : The Beach Boys (1961, US, californien).

1963 : Gerry and The Pacemakers : You’ll Never Walk Alone, The Ronettes : Be my Baby. The Kingsmen : Louie louie.

2 – 1964, une annĂ©e fertile en nouveaux groupes :

Tandis que les Beatles rĂšgnent dans les charts anglais dĂ©jĂ  depuis l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, les Rolling Stones font une percĂ©e. Le duel durera plusieurs annĂ©es. Dans le mĂȘme temps, d’autres groupes et artistes britanniques font leurs dĂ©buts. Les Who se forment, rejoints par le batteur Keith Moon. 1964. Premier hit : I Can’t Explain. D’autres succĂšs viennent aussitĂŽt : Anyway, Anyhow, Anywhere. L’album mythique My Generation sort cette annĂ©e-lĂ  tandis que le non moins emblĂ©matique Tommy paraĂźtra en 1969. Ce sont les dĂ©buts Ă©galement des Kinks (You Really got me, Sunny Afternoon, All Day and all of the Night), de David Bowie (d’abord folk), des Moody Blues (rhytm‘n’blues), des Yardbirds (Eric Clapton puis Jeff Beck, guitaristes) :I ain’ got you, A Certain Girl, Got to HurryPour couronner cette profusion, Pink Floyd se constitue autour de Syd Barrett, qui sera trĂšs vite remplacĂ© Ă  la guitare par son ami d’enfance, David Gilmour.

Pink + Floyd : Le nom du groupe ne signifie pas « flamant rose », (« flamant » se traduisant en anglais par « flamingo »). C’est en rĂ©alitĂ© un nom adoptĂ© en rĂ©fĂ©rence Ă  deux musiciens de blues, Pink Anderson et Floyd Council. Quelques titres :Lucifer Samet Astronomy Domine, en 1967. L’album A Saucerful of Secrets en 1968 dont le titre Set the Control for the Heart of the Sun. Les pierres qui roulent : Les Rolling Stones ont puisĂ© leur nom chez Muddy Waters, joueur de blues qu’ils admirent et dont un morceau s’intitule Rollin Stone.

D’autres artistes Ă  succĂšs en 1964 : Roy Orbison et son cĂ©lĂšbre Oh Pretty Woman, Them (dont fait partie Van Morrison) : Gloria, puis It’s all over now Baby Blue. Dionne Warwick : Walk on by. The Zombies sortent leur premier tube She’s not there. The Supremes  : Baby Love.

3 – Milieu des annĂ©es 60 : L’acid rock ou rock psychĂ©dĂ©lique :

Le mouvement psychédélique, né sur la cÎte ouest des Etats-Unis, est représenté par :

The Byrds (US, folk-rock, californien) : Mr Tambourine Man, Turn Turn Turn. Grateful Dead : (apprĂ©ciĂ©s surtout en concert). Jefferson Airplane (US) : It’s no Secret, Somebody to Love. The Doors : album Doors (1967) dont les titres Light my Fire et The End. Les albums Strange Days (1967) et Waiting for the Sun (1968). Creedence Clearwater Revival : le fameuxProud Mary, Travelin’ Band.

Autres styles :

1965 : The Temptations (US, ormĂ© en 1960) : My Girl, The Four Tops It’s the Same Old Song (qui sera adaptĂ© par Claude François), The Righteous Brothers : You’ve Lost That Lovin’ Feelin’.

1966 : Tom Jones : Greeen Green Grass of Home. The Velvet Underground (Lou Reed) : I’m Waitin for the Man, Sunday Morning. Cream (dont Clapton) se forme. Album Good Bye. Leur titre Sunshine of your Love annoncera le CocaĂŻne de Clapton (Ă©couter les premiĂšres mesures). Buffalo Springfield (US), composĂ© de Neil Young, de Stephen Stills et de Richie Furray, se forme et sort l’annĂ©e 67 le tube : For what it’s Worth. The Lovin’ Spoonful (US formĂ© en 65) : Daydream, Summer in the City. Herman’s Hermits : No Milk Today, Percy Sledge When a Man Loves a Woman, The Troggs Wild Thing.

4 – 1967 Ă  1969 : Essor du rock progressif et naissance du hard rock :

Le rock progressif, initié essentiellement par les Beatles et les Pink Floyd, connaßt un développement (il connaßtra son apogée dans les anées 70) :

King Crimson : l’étrange et superbe The Court of the Crimson King. Genesis : Le groupe se forme (avec Peter Gabriel) et sortira son premier album en 1969, From Genesis to Revelation qui sera rĂ©Ă©ditĂ© en 1974 sous le nom In the Beginning qui est aussi le nom d’un des titres. Phil Colins rejoint le groupe en 1970. Yes : Leur album Yes, sorti en 1969, est peu reprĂ©sentatif de la musique qu’ils joueront la dĂ©cennie suivante. Gong

Le hard rock , dont les prémices existaient chez les Kinks et surtout chez les Who et les Rolling Stones, fait son entrée tonitruante et remarquée avec : Deep Purple : Love Help me, Mandrake Root, Playground, Lalena (slow), Led Zeppelin : en 1969 : Heartbreaker, Whole Lotta Love.

Autres styles :

1967 : The Monkees I’m a Believer. Fleetwood Mac, formation de Peter Green, joue du rock-blues : Albatross, Black Magic Woman qui sera repris plus tard par Santana. Le groupe change aprùs 1974 : il fera du rock californien. Procol Harum dont le tube A Whiter Shade of Pale fait un succùs mondial. Janis Joplin (US), Jimi Hendricks (US), Scott Mc Kenzie (US) : San Francisco. The Box Tops : The letter.

1968 : Chicago, Stooges (Iggy Pop), Alice Cooper, Joe Cocker : son premier tube est une reprise des Beatles, With a Little Help from my Friends.

1969 : The Archies Sugar Sugar, Jethro Tull album Stand up (BourĂ©e), The Seekers (premier groupe australien de musique populaire Ă  ĂȘtre bien classĂ© au hit-parade et au classement des ventes au Royaume-Uni et aux Etats-Unis). Sly & The family stone : Stand !


Mon coup de coeur musical

Mercredi, octobre 27th, 2010

Justin Gobin “Me” publiĂ© sur Jamendo le 27 octobre 2010.

Le rock des Fifties

Samedi, octobre 2nd, 2010

Tout le monde se souvient de la sĂ©rie “Happy Days” et de son juke-box.(En fait, il y eut trois juke-box dans la sĂ©rie). C’étaient les annĂ©es 50 et la vague du rock’n’roll. La premiĂšre vague Ă©tait amĂ©ricaine et cette domination de l’AmĂ©rique allait durer jusqu’à la vague suivante qui sera anglaise. Mais c’est une autre histoire, qui sera Ă©galement racontĂ©e en musique : au total, plus de 100 titres seront citĂ©s !

Le rock est la musique tĂ©moin d’une jeunesse d’insouciance et de rĂ©bellion et d’une Ă©poque mythique : les “Jours heureux”.

La version Rock Around the Clock est emblĂ©matique de la sĂ©rie Happy Days. Il s’agit d’une reprise par Bill Haley d’un morceau crĂ©Ă© en 1952 par Sonny Dae & his Knights. La version de Bill Haley n’aura pas un succĂšs immĂ©diat. Ce n’est qu’aprĂšs la sortie du film Graine de violence en 1955 dont cette musique constitue la principale bande originale, qu’elle grimpera au hit-parade.

Qu’est-ce que le rock’n’roll ?

C’est, comme le jazz, un enfant du blues. Mais le rythme ternaire (division du temps) du blues est remplacĂ© ici par un rythme binaire. D’autre part, le tempo devient plus soutenu. Le rockabilly est la forme originelle la plus identifiable du rock’n’roll, une forme de musique au croisement du rhythm and blues et de la musique country.

On sait Ă  peu prĂšs quand et comment est nĂ© le rock’n’roll

Les premiers Ă©veils se font dĂšs 1947 avec Hank Williams (un chanteur country) qui interprĂšte Move it on Over. Il influencera Bill Haley. Roy Brown entonneGood Rockin’ Tonight, qui sera repris plus tard (en 1954) par un autre grand du rock : Elvis Presley. En 1949, Wild Bill Moore chante Rock and Roll alors qu’il est chanteur de rhythm and blues, ce qui n’est pas tout Ă  fait la mĂȘme chose, mais qui est trĂšs approchant. En fait, le nom de « rock’n’roll », qui sera donnĂ© en 1951 par le disc-jockey Alan Freed, sera Ă  sa suite employĂ© pour diffĂ©rencier les deux genres pour de simples raisons raciales : il fallait Ă©viter que les artistes blancs ne se retrouvent dans les mĂȘmes bacs chez les disquaires que les Noirs ! Le mot “rock’n’roll” viendrait d’une expression des annĂ©es 40 dans certaines chansons de rhythm and blues et qui signifie en argot “faire l’amour”.

1959, l’annĂ©e oĂč le rock’n’roll fut dĂ©clarĂ© mort

On sait comment le rock’n’roll a failli mourir dĂšs 1959. C’est en effet une annĂ©e noire pour ce jeune genre musical. Le 3 fĂ©vrier 1959, aprĂšs un show dans l’Iowa, Ritchie Valens, de Big Bopper et Buddy Holly prennent l’avion pour gagner le Dakota du Nord, mais l’avion s’écrase quelques minutes plus tard. Ils meurent dans l’accident. Une perte immense pour la musique. Buddy Holly et Ritchie Valens, qui enchaĂźnaient les succĂšs, avaient respectivement 23 et Ă  peine 18 ans. Ce jour a depuis a Ă©tĂ© baptisĂ© “le jour oĂč la musique est morte” aux Etats-Unis. D’ailleurs, l’annĂ©e suivante ne sera guĂšre bonne non plus. Le 16 avril 1960, Eddy Cochran se rend en taxi de Londres Ă  l’aĂ©roport, en compagnie de sa fiancĂ©e Sharon Sheeley et du chanteur Gene Vincent, il est victime d’un accident. TransportĂ© Ă  l’hĂŽpital dans un Ă©tat grave, Eddy Cochran meurt le lendemain Ă  peine ĂągĂ© de 21 ans. Sa fiancĂ©e survit, mais Gene Vincent aura la clavicule et des cĂŽtes cassĂ©es ainsi que des dommages Ă  sa jambe dĂ©jĂ  diminuĂ©e.

Entre ces deux Ă©vĂ©nements, le rock’n’roll a explosĂ© et les tubes se sont succĂ©dé :

Ecoutez le juke-box des années 50 !

(Cette liste ne demande qu’à ĂȘtre complĂ©tĂ©e par des lecteurs passionnĂ©s et ne constitue pas une histoire du rock, mais simplement un juke-box virtuel reprĂ©sentant la musique rock des annĂ©es 50.)

1949 Fats Domino : The Fat Man

1950 Piano Red (bluesman) : Rockin’ with Red

1951
… Jackie Brenston & Ike Turner : Rocket 88 (considĂ©rĂ© par Sam Phillips comme le 1er tube du rock’n’roll). La chanson sera trĂšs vite reprise par Bill Haley.
… Little Richard : Taxi Blues (son premier disque)

1952 Bill Haley & The Saddle-Men : Rock the Joint (de Jimmy Preston), Rocking Chair on the Moon

1953
… Bill Haley & Haley’s Comets : Real Rock Drive, Crazy Man, Crazy
… Drifters : Money Honey (repris par Elvis en 1956)

1954
… Big Joe Turner : Shake Rattle and Roll, repris par Bill Haley (ci-dessous)
… Bill Haley : Rock Around the Clock (reprise), Shake Rattle and Roll, Thirteen Women
… Elvis Presley : I Love you Because, Blue Moon of Kentucky, That’s All Right Mama, Good Rockin’ Tonight, I Don’t Care if the Sun Don’t Shine

1955
… Bill Haley : See you Later Alligator
… Bo Diddley : Bo Diddley
… Fats Domino : Ain’t that a Shame
… Chuck Berry : Maybellene
… Little Richard : nouvelle version de Tutti Frutti
… Carl Perkins : Blue Suede Shoes

1956
… Elvis Presley : Heartbreak Hotel, I Got a Woman. A noter qu’Elvis “King” ne perce dans les hits, Ă  tel point que son coach Sam Philips le “cĂšde” au colonel Parker…
… Little Richard : Long Tall Sally
… Gene Vincent : Be-Bop-A-Lula, Woman Love, Race with the Devil et I Sure Miss you

1957
… Paul Anka : Diana
… Elvis Presley : Jailhouse rock
… Little Richard : Lucille
… Jerry Lee Lewis : Great Balls of Fire
… Danny & The Juniors : At the Hop
… Everly Brothers : By Bye Love
… Coasters : Searchin’
… Fats Domino : I’m Walking
… Chuck Berry : School Day
… Buddy Holly & The Crickets : That’ll be the Day, Peggy Sue
… Rickie Nelson : Stood up

1958
… Dion & The Belmonts : I Wonder Why
… Duane Eddy : Cannonball, Rebel Rouser
(Duane Eddy sera plus connu pour Peter Gunn en 1960, qui sera repris en 1986 par le groupe Art Of Noise).
… Ritchie Valens : Come on Let’s Go-Framed, Donna-La Bamba
… Cliff Richard : Move it
… Bill Haley : Skinny Minnie
… Elvis Presley : Don’t, Hard Headed Woman, One Night, King Creole
… Chuck Berry : Sweet Little Sixteen, Johnny B. Goode, Carol
… Fats Domino : Whole Lotta Lovin’
… Little Richard : Good Golly Miss Molly, Ooh my Soul
… Gene Vincent : Say Mama (non disponible)
… Buddy Holly : Maybe Baby, Think it over, Rave on
… Eddie Cochran : Summertime Blues, C’mon Everybody
… Jerry Lee Lewis : High School Confidential
… The Everly Brothers : Claudette, All I Have to Do is Dream, Bird Dog
… Larry Williams : Dizzy Miss Lizzie Version Beatles ici.
… The Big Bopper : Chantilly Lace
… The Champs : Tequila
… The Five Blobs : The Blob (non disponible)

Les juke-box en illustrations :

- Juke-box modÚle SEEBURG select o matic M100C 1952 (série Happy Days épisodes 1, 33, 34, 36, 178, 237)

- Juke-box modÚle SEEBURG HF100G 1953 (série Happy Days épisodes 4 à 159)

- Juke-box modÚle SEEBURG 1964-1965 (série Happy Days épisodes 160 à 255)


La New Wave a-t-elle un avenir ?

Lundi, septembre 27th, 2010

La New Wave, ce mouvement mouvement musical after punk nĂ©e dans les annĂ©es 80 semble dĂ©cliner fortement. Cependant, Les groupes Depeche Mode et Cure dĂ©fient le temps. On dirait que ces leaders de la tendance Ă©lectro-pop de la New Wave ont pris leur ticket pour la postĂ©ritĂ©. Ce sont les rares survivants de la premiĂšre dĂ©cennie New Wave. Depeche Mode revient mĂȘme en force avec un nouvel album et continue de caracoler en tĂȘte des hits et des ventes.

On a reprochĂ© beaucoup de choses aux groupes New Wave : la mĂ©diocritĂ© de leur musique. Il est vrai que la nouvelle vogue des synthĂ©tiseurs et des boites Ă  rythmes au dĂ©but des annĂ©es 80 rend accessible Ă  tous la musique. On voit alors Ă©merger le meilleur comme le pire. Pour cette simple raison, on est Ă  peu prĂšs sĂ»r que la New Wave ne marquera pas l’histoire de la musique autant que le classique, le blues, le jazz ou le rock. Autre reproche mais qui est un faux procĂšs : leurs noms : ils Ă©voquent la guerre : “Joy Division”, “New Order”, “Orchestral Manoeuvres in the Dark”, “B-52’” (nom de bombardiers amĂ©ricains). En France : “Indochine”. Mais c’est lĂ  un faux procĂšs, les noms que se sont donnĂ©s ces groupes sont des miroirs renvoyĂ©s Ă  la sociĂ©tĂ© cynique qui aime faire la guerre et le commerce des armes. Par ailleurs, on trouve aussi de la dĂ©rision dans les noms comme “Simple Minds”, “Fine Youngs Cannibals”, “Men at works” et bien d’autres, et le nom des Stranglers est-il Ă  prendre au pied de la lettre ? Donc en rĂ©alitĂ©, les groupes New wave font seulement de la musique et leurs noms sont autant de provocations de mauvais goĂ»t qui ne font qu’alerter sur l’état du monde qui ferait bien de se regarder plus souvent dans un miroir. A l’époque de la Cold Wave, beaucoup dirent avoir ressenti un haut-le-coeur devant cette musique glaçante, sans Ăąme. Les Français surtout, qui donnĂšrent ce nom Ă  cette tendance, appelĂ©e “post-punk” en Grande -Bretagne. De toute façon, le dĂ©bat est quasi clos puisque la New Wave dĂ©cline.

Mais avant de disparaßtre tout-à-fait, on se souviendra de ses tubes comme ceux-ci :

Orchestral Manoeuvre in the dark : “Electricity” qui a mal vieilli. “Souvenir” qui restera plus facilement dans le nĂŽtre de souvenir, grĂące aussi Ă  la publicitĂ© qui l’a utilisĂ©. Sans oublier “Secret” et le cĂ©lĂšbre tube “Enola Gay“.

Tears for Fears : “Shout“, “Mad world” (= monde malade, ce qui rejoint l’idĂ©e dĂ©veloppĂ©e dans notre avant-propos), “Creep”, un merveilleux et Ă©trange slow tirĂ© de l’album “God’smistake ” – les erreurs de Dieu-, ce qui confirme encore l’état d’esprit dĂ©sabusĂ© de ces musiciens..

The Stranglers : L’excellent Goldon Brown dont la musique rĂ©pĂ©titive et Ă©lectronique n’a pourtant absolument rien d’exceptionnel ! Et : “Always the sun“.

Joy Division : le trĂšs New wave “Love Will Tear Us Apart“. Ce groupe est ensuite devenu New Order et a commis ce tube bien dĂ©modĂ© aujourd’hui mais qui est bien connu : “Blue Monday“. Mauvais non ? Et pourtant…

Dans le genre trĂšs froid toujours, le groupe Visage avec “Fade to grey” avec son refrain parlĂ© “devenir : gris”. Ce style est classĂ© dans le nĂ©o-romantique du mouvement New Wave. Restons dans le français avec Taxi Girl et “Cherchez le garçon” et Partenaire particulier qui fit un tube du mĂȘme nom et qui fait beaucoup penser au style d’Indochine dont les titres ne seront pas citĂ©s ici tant ils sont bien connus en Fance.

Passons à du plus solide avec INXS dont le style se démarque avec notamment :

Need you tonight“, le trĂšs pĂȘchu et plus rock que new wave ” New sensation” – irrĂ©prochable !- On touche la perfection avec ” Devil inside“. A retenir aussi le beau morceau : ” Never Tears us apart” aux sons instrumentaux et solos superbes, aux voix mĂ©lodieuses. Ou dans un style plus soul et funk : “Deliver me”.

Encore du costaud, avec The Cure et, par exemple :

Juste like Heaven“, le sublime “Boys don’t cry“, “Inbetween days“.

Il serait prĂ©somptueux de dresser une liste dĂ©finitive des tubes New Wave mais l’on peut citer encore en vrac : Les - oubliables - Fine Youngs Cannibals (“She dives me crazy”, “Good thing”, “Johnny come home”), The B-52’s (“Love Schack”, la musique mondialement connue de “Planet Claire“, et ”Give me back my man“), Men at work (“Down under”, le tube ”Who can it be now ?“, “Overkill” titre peu new wave en rĂ©alitĂ© avec son son de guitare acoustique et qui veut dire “sur-tuer” et qui rĂ©vĂšle bien les interrogations sur ce monde dangereux et cynique qui est le nĂŽtre). Duran Duran se rĂ©signe-t-il Ă  la fatalitĂ© de ce monde ordinaire : “Ordinary world“ ? Frankies goes to Holliwood a produit quelques perles comme “The power of love“, le pouvoir de l’amour qui ne semble plus en vogue aujourd’hui tant l’argent Ă©crase, dĂ©truit, pourrit tout. Un morceau que l’on retiendra plus que le cĂ©lĂšbre “relax” du mĂȘme groupe. Une comĂšte : Devo et son “Girl U want“. Unique et comme tout ce qui est unique, Ă  conserver comme un bien prĂ©cieux. Mais Ă  vous de voir puisque dans de monde chacun fait ce qu’il veut ou croit faire ce qu’il veut : “c’est ma vie !”, “It’s my life” du groupe Talk Talk, le dit bien. Et aussi “quelle honte !”, “Such a shame“. La honte, ce n’est pas ce qui vient Ă  l’esprit avec le titre “Mandela day ” des Simple Minds, des simples d’esprits mais qui ont su Ă©mouvoir et Ă©veiller les consciences. Leur engagement politique a Ă©tĂ© porteur de rĂ©sultats, mais le groupe n’avait-il pas promis un miracle : “Promised you a miracle“ ? Don’t you forget about me” est autre tube de ce groupe et vient nous dire, peut-ĂȘtre, que le “Obama day” ne doit pas faire oublier aujourd’hui les grandes causes passĂ©es ou celles qu’il nous reste encore Ă  dĂ©fendre.

Aujourd’hui, la New Wave a pris un sĂ©rieux coup de vieux. MĂȘme Ă  l’Ă©poque de son essor, elle fut moquĂ©e pour son minimalisme. Les Inconnus firent mĂȘme une parodie “Isabelle a les yeux bleus“. NĂ©anmoins, la New Wave semble ressusciter avec Depeche Mode, un nom qui se moque des modes. Et pourtant, ce groupe avait bien failli disparaĂźtre dans les annĂ©es 90 : drogue, carriĂšres solos…Mais ce dernier album est peut-ĂȘtre le chant du cygne de la New Wave…

ï»ż